Les élections américaines de mi-mandat sont un vote qui a lieu tous les deux ans aux États-Unis. Elles renouvellent tous les sièges de la Chambre des représentants et environ un tiers des sièges du Sénat. Ce scrutin change l’équilibre du pouvoir entre le président et le Congrès. Il influence la politique budgétaire et la politique monétaire.
Transmission vers le marché hypothécaire québécois
Le marché hypothécaire québécois regroupe l’ensemble des prêts pour des biens immobiliers résidentiels, principalement à taux fixe ou variable, dont le coût est indexé sur le taux préférentiel des banques canadiennes et sur les rendements obligataires. Les canaux de transmission sont les suivants :
- Les rendements des obligations du Trésor américain servent de référence mondiale (benchmark). Une hausse de ces rendements, provoquée par des anticipations de déficits accrus ou de resserrement monétaire, se répercute sur les obligations du gouvernement canadien et sur les taux.
- La Banque du Canada ajuste son taux directeur en tenant compte des conditions financières internationales et du différentiel de taux avec les États-Unis, afin de préserver la stabilité du dollar canadien et de contenir les pressions inflationnistes importées.
- Les prêteurs québécois répercutent ces mouvements sur les taux hypothécaires affichés. Une hausse des taux américains tend donc à relever le coût du crédit immobilier au Québec, compressant la capacité d’emprunt des ménages et freinant l’activité transactionnelle.
- L’incertitude politique américaine accroît également la volatilité des marchés de changes USD/CAD, ce qui peut influencer le coût des importations et l’inflation canadienne, renforçant le lien monétaire.
Ainsi, un basculement partisan aux élections américaines de mi-mandat est capable d’altérer la trajectoire budgétaire américaine et se propage via les marchés obligataires et les anticipations monétaires, jusqu’aux taux hypothécaires consentis aux emprunteurs québécois.
Le marché anticipe une hausse graduelle de ce taux directeur, les taux variables offerts devraient progresser davantage que les taux fixes au cours des deux prochaines années. Le taux variable sur cinq ans est appelé à grimper. À ce niveau, il se stabiliserait, à l’instar du taux directeur, jusqu’en 2031. La majeure partie de l’écart favorable soit la différence de coût qui avantage aujourd’hui les emprunteurs en taux variable par rapport à ceux en taux fixe devrait s’estomper à mesure que le taux directeur s’élève.
Ce qu’il convient de retenir pour votre stratégie de financement : les taux variables partent plus bas, mais les prévisions indiquent qu’ils rejoindront les niveaux des taux fixes actuels d’ici 2027.
Pour tout emprunteur québécois, il est essentiel de préparer une stratégie financière claire. Une stratégie financière qui aide à choisir entre un taux hypothécaire fixe et un taux variable, à prévoir la hausse progressive des taux et à protéger sa capacité de remboursement. Sans cette planification, les ménages risquent de perdre une partie de leur pouvoir d’achat immobilier et de devenir plus vulnérables aux variations des marchés.
